Boire trop de café… Oui, mais pour quels risques ?
- Fort de Café

- 16 févr.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 20 avr.
Le café est aujourd’hui la deuxième boisson la plus consommée au monde, juste après l’eau. Apprécié pour ses arômes et ses effets stimulants, il fait partie du quotidien de millions de personnes, parfois en grande quantité. Mais une question se pose : boire du café peut-il devenir dangereux ?
Le café, une boisson plébiscitée à l’international
Chaque jour, ce ne sont pas moins de 2 milliards de tasses de café qui sont consommées à travers le monde. Dégusté lentement ou bu à la hâte, le café fait partie du quotidien de millions de personnes et s’impose comme la deuxième boisson la plus consommée après l’eau. Présent sur tous les continents depuis le XVIIe siècle, il est devenu un incontournable, qu’il soit perçu comme un simple rituel matinal, une source d’énergie indispensable ou une véritable quête de saveurs.
Mais le café contient naturellement de la caféine, dont les effets sont bien connus : palpitations, nervosité, troubles du sommeil, maux d’estomac… Aussi apprécié soit-il, le café contient un stimulant psychotrope qui doit être consommé avec modération. La plupart des recommandations de santé fixent une limite raisonnable à environ quatre à cinq tasses par jour pour un adulte en bonne santé.
Dès lors, une question se pose : quels sont les risques en cas de consommation excessive de café ?
Des risques évidents liés à la caféine
Une consommation excessive de café n’est pas sans effets sur la santé. Tachycardie, nervosité, tremblements, aigreurs d’estomac ou encore troubles du sommeil peuvent survenir lorsque l’organisme reçoit trop de caféine. À forte dose, ce stimulant devient même toxique et peut perturber le fonctionnement des systèmes nerveux et cardiovasculaire.
C’est pourquoi les spécialistes en déconseillent la consommation aux enfants, aux femmes enceintes ainsi qu’aux personnes souffrant d’hypertension sévère. Si les cas extrêmes restent rares, une consommation régulière et excessive favorise l’apparition d’une dépendance, rendant l’organisme progressivement plus tolérant.
Les effets nocifs s’installent alors dans la durée et peuvent altérer le bien-être ainsi que la qualité de vie. Sans aller jusqu’à des situations exceptionnelles (mourir d’un excès de café nécessitant des quantités astronomiques de caféine), une surconsommation répétée peut aggraver certaines pathologies et fragiliser l’organisme.
Contrôler sa consommation de caféine : une attention nécessaire
Si l’exemple d’Honoré de Balzac et ses 15 cafés quotidiens peut sembler extrême, dépasser le nombre de tasses recommandé par jour peut être rapide. Il est recommandé par l’Agence Européenne pour la Sécurité des Aliments de ne pas dépasser 400mg de caféine par jour pour un adulte en bonne santé, ce qui correspond approximativement à 5 tasses d’espresso ou 4 grandes tasses de café filtre.
La proportion de caféine diffère en fonction des variétés de café et, a fortiori, du type d’extraction utilisé. Les variétés d’arabica contiennent moins de caféine que les variétés de robusta. Le café filtre est plus chargé en caféine qu’un espresso (90mg en moyenne contre 80). Comme le café, le thé est lui aussi une boisson stimulante qu’il faut consommer avec précaution !
De manière générale, il est important de contrôler sa consommation quotidienne de café. Pour y parvenir, des solutions simples existent avec des variétés de café qui contiennent naturellement peu de caféine et l’émergence de cafés décaféinés de grande qualité aromatique ! Il n’est toutefois pas nécessaire de diaboliser le café : consommé avec modération, il a de nombreuses vertus intéressantes pour l’organisme (retrouvez-les ici).
Mourir d’un excès de café : le cas d’Honoré de Balzac
Dans le panthéon des consommateurs passionnés de café se trouve un auteur français dont la production était astronomique : Honoré de Balzac. Celui qui publiait en moyenne quatre ouvrages par an, qui multipliait les activités professionnelles (journaliste, critique, éditeur, imprimeur) était un travailleur compulsif. Il est vrai que Balzac se trouvait dans une situation économique fragile, le forçant à plusieurs activités parallèles pour batailler contre les créanciers. C’était aussi un écrivain passionné, qui par son projet de la Comédie Humaine s’est lancé dans l’écriture de pas moins de 90 romans et nouvelles en l’espace de 21 ans. Pour tenir ce rythme effréné, Balzac était un consommateur obsessionnel de café. Carburant nécessaire, le café faisait partie intégrante de ses habitudes quotidiennes et de sa pratique littéraire.
On considère aujourd’hui que ces nombreuses tasses avalées chaque jour ont précipité sa disparition. Déjà en santé fragile (en surpoids et sédentaire), on sait qu’Honoré de Balzac buvait une quinzaine de cafés par jour (d’autres lui prêtent jusqu’à 50 tasses, mais ce nombre paraît surévalué), un café fort et concentré qu’il complétait de café moulu qu’il avalait à jeun pour multiplier les effets de la caféine.
Comme le rappelle Philippe Charlier, médecin légiste, anthropologue et archéologue dans son ouvrage Autopsie des morts célèbres (éditions Tallandier, 2019), consommer autant de café est délétère pour le cœur, mais aussi pour les reins et les neurones. Il précise que 18 mois avant sa mort, l’état de santé de Balzac avait déjà commencé à se détériorer. Les médecins lui avaient diagnostiqué une hypertrophie du cœur, vraisemblablement aggravée par sa surconsommation de café. Il semblerait donc que sans cette excitation permanente et cette hyperactivité, Balzac aurait pu vivre plus longtemps… Mais probablement avec une production littéraire moins conséquente.
Résumé :
Le café est une boisson fort appréciée autour du monde, mais qui en raison de la caféine qu’il contient naturellement doit être consommée avec modération.
On recommande cinq tasses maximum par jour pour un adulte en bonne santé, après quoi le décaféiné peut-être une option tout à fait envisageable !




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