A la découverte des cafés les plus célèbres du monde
- Fort de Café

- 20 avr.
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Dernière mise à jour : 22 avr.
La propagation du café en tant que boisson est étroitement liée à l’expansion des cafés comme lieu de dégustation, d’échanges et de rencontres. Certains des premiers cafés à avoir ouvert sont encore accessibles aujourd’hui et célèbrent un chapitre essentiel de l’histoire du café : celui de sa dégustation. Petit tour d’horizon des plus grands cafés du monde.
Un lieu de dégustation, de vie et de débats
On trouve les premiers cafés dès le 15e siècle à La Mecque. On s’y retrouvait pour apprécier une tasse de café noir, mais aussi pour parler des événements de la journée ou pour s’informer des affaires du pays. Rapidement, ces lieux de rencontres ont suscité l’inquiétude des classes dirigeantes qui y ont vu un terreau fertile d’expansion des idées (lire notre article sur les tentatives d’interdiction du café au fil du temps ici).
En Europe, c’est en Italie que les premiers cafés ont ouvert. Célèbre port de liaison, la ville de Venise fut le premier point d’appui du café dans l’Europe chrétienne. Un premier café y a ouvert au milieu du 17e siècle et vers la fin du siècle, la consommation du café est devenue une habitude dans les milieux aisés.
Le Café Florian à Venise
L’un des cafés les plus vieux au monde se trouve à Venise. Dans toute l’Europe du 18e siècle, aucun autre café n’a atteint une aussi grande célébrité que le café Florian. Situé sous les arcades de la place Saint-Marc, ce café a été créé par Floriano Franscesconi, ami de tous les notables et artistes de Venise, en décembre 1720. Les clients ont rapidement rebaptisé le lieu par le nom de son propriétaire, Café Florian.
La popularité de ce café n’a en rien diminué avec le temps. Il est au contraire entré dans le patrimoine immatériel du café, au même titre que le Café Procope à Paris. Aristocrates, riches marchands, artistes et hommes de lettres comme Goethe, Alfred de Musset, George Sand ou Lord Byron étaient des habitués de ce café au charme délicat qui est depuis fréquenté par les touristes du monde entier. Un incontournable de Venise qui s’anime au rythme des masques pendant le carnaval !
Le Café Pedrocchi à Padoue
Un autre café célèbre est le bel établissement du Café Pedrocchi à Padoue. Fondé par Pedrocchi, un marchand de boissons en 1831, ce café est devenu au 19e siècle l’un des plus précieux monuments de l’architecture italienne, bâti sur les murs d’une ancienne église. Là aussi, le café était le lieu de rencontres de nombreux écrivains comme Lord Byron ou Stendhal qui le considérait comme le meilleur restaurant d’Italie.
Si vous avez la chance de pousser les portes du Café Pedrocchi, essayez la spécialité du lieu, le fameux “Café Peddrochi” C’est un café à la crème surmontée d’une mousse à la menthe saupoudrée de cacao. La recette est gardée précieusement depuis sa création… et n’existe nulle part ailleurs !
Le café El Greco à Rome
Lieu de rencontres pour les intellectuels, les artistes et les aristocrates, le café El Greco est l’un des cafés les plus célèbres de Rome. Au fil du temps, il a vu défiler de nombreux intellectuels comme Stendhal, Goethe, Byron, Franz Liszt, Wagner ou Orson Wells. Ouvert par un grec, d’où il tire son nom, vers 1760, le Café El Greco est un lieu chargé d’histoire qui est sans doute le café le plus ancien et le plus connu de Rome.
Insolite : Un autre mythe du café se serait forgé au Café El Greco. Plusieurs décennies après son ouverture, sa direction fut confiée à un certain Salvioni. C’est grâce à lui que, durant le blocus continental imposé par Napoléon Bonaparte en 1806, les habitants de Rome n’ont pas perdu la possibilité de savourer le véritable goût du café, cette période ayant en effet empêché l’approvisionnement en café de l’Europe. Malgré ces temps difficiles, le Caffè Greco continua d’offrir à sa clientèle le même café authentique, en réduisant simplement la taille du récipient dans lequel il était servi. Cette pratique s’est poursuivie après la période du blocus et est souvent citée comme l’une des origines de la petite tasse de café à l’italienne.
Malgré les difficultés que le Café a connues au fil des années, il a conservé son apparence du 18e siècle faite de moulures en stuc étincelantes, de riches décorations, de bas-reliefs et de statues. Ses salles saturées de l’arôme de café offrent l’occasion de se plonger dans l’un des plus anciens cafés d’Europe où se sont pressés les plus grands esprits.
Le café Procope à Paris
Le Café Procope est l’un des plus anciens cafés en Europe. C’est en 1686 que Francesco Procopio dei Coltelli, gentilhomme de Palerme, installe en face de l’ancienne Comédie Française son débit de café. Le café Procope allait servir pendant deux cents ans de modèle à tous les cafés de Paris. A la différence des cafés plus anciens, le Café Procope faisait une large place au confort et à l’élégance. Le décor était raffiné et délicat ; avec le café étaient servis du lait, des chocolats, des pâtisseries, des confiseries. Le succès est immédiat : en très peu de temps, le Procope devient le rendez-vous de nombreux grands esprits qui en ont fait leur point de rendez-vous (comme Voltaire, Rousseau, Diderot et d’Alembert).
Le Procope a un temps été un foyer révolutionnaire. D’abord théâtre des idées des Lumières, il a ensuite été le lieu où Robespierre et les Jacobins avaient leurs habitudes pendant la Révolution française.
Le café abrite aujourd’hui un certain nombre d’objets rappelant l’illustre histoire qu’il a vu défiler, comme par exemple le bicorne de Napoléon qui trône dans l’entrée.
Le café de la Paix
Ancré sur la place de l’Opéra depuis 1862, le Café de la Paix a ensuite pu s’enorgueillir du titre de café le plus réputé au monde. Colonnes cannelées, fresques classées, plafonds à caissons ornés de ciels peints, moquette épaisse, luminaires grandioses… Tout est conçu dans une profusion des richesses qui ont traversé le temps pour rester l’une des grandes adresses parisiennes.
Vienne et son art du café
Dans la grande histoire européenne du café, il est indispensable de parler de l’Autriche et de sa capitale, Vienne. Celle-ci passe souvent pour le berceau du café européen. S’il existait déjà des cafés prospères dans différentes villes, on est en droit de dire que c’est à Vienne que se créa un type de café agréable et confortable, qui fut imité et repris dans le monde entier. Ce qui attirait les Viennois aux cafés étaient moins le café et les croissants, mais l’endroit où l’on rencontrait ses amis, où l’on réglait ses affaires et où l’on était en mesure de se mettre en valeur. Au café, on se divertissait, on écoutait de la musique, on lisait les journaux, on jouait au billard.
Vienne a apporté à l’univers du café une part de son raffinement et de son sens délicat et poétique de la dégustation. Parmi les cafés les plus célèbres figurent le café Rebhuhn où se retrouvaient les hommes politiques, le Café Kramer rendez-vous des poètes ou le fameux Café Sacher célèbre pour ses tartes et ses gâteaux.
Les Penny Universities anglaises, lieu d’échanges d’idées avant d’être des cafés
Avant d’être une nation connue pour son amour patriotique du thé, l’Angleterre était une grande consommatrice de café. C’est dans ces lieux que se pressaient les grands esprits pour débattre et les citoyens pour entendre des idées nouvelles. Ces cafés étaient les ancêtres des clubs si chers aux anglais, que l’on appelait les “penny universities” en raison du prix de un penny payé pour y accéder. Ces cafés étaient le terreau de pensées nouvelles, potentiellement menaçantes, auxquelles le roi Charles II avait tenté de s’attaquer par une ordonnance interdisant le café en 1675… Très vite abrogée.
En résumé :
Les cafés ont été introduits en Europe à partir du 17e siècle et ont rapidement imprégné le mode de vie occidental pour en devenir l’un des piliers.
Plusieurs de ces cafés existent encore aujourd’hui : de Paris à Vienne, en passant par l’Italie, il est possible d’y déguster un café comme le découvrirent plusieurs siècles plus tôt les plus curieux !




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