L’histoire du café en dosette
- Fort de Café

- 19 avr.
- 3 min de lecture
Le café en dosette est devenu au fil du temps l’une des méthodes de préparation du café les plus répandues. Pratiques et rapides, ces petites portions de café moulu ont révolutionné le café pour le simplifier. Mais quand ont-elles été inventées ? Comment se sont-elles si vite répandues ?
Les dosettes, à la recherche d’un café rapide et pratique
Une première impulsion italienne
Comme souvent avec le café, l’histoire des dosettes commence en Italie. C’est le fabricant de café Illy qui lance au début des années 1990 des petites dosettes rondes en papier, un système nommé Easy Serving Espresso. L’idée est d’obtenir à la maison un café qui se rapproche d’un espresso servi au comptoir d’un café, par une ingénieuse machine et l’assurance d’un café justement dosé. Un système similaire est également lancé par Lavazza, avec une machine à dosette appelée “Espresso Point”. Ces systèmes constituent les véritables antécédents techniques du café portionné moderne.
La toute puissance des dosettes en aluminium
C’est en 1975 que la fameuse capsule en aluminium fait son apparition. Mise au point par Eric Favre, un ingénieur de Nestlé, l’invention révolutionnaire est protégée par près de 1700 brevets différents. Mais la mode est alors au café instantané et les premières années sont dures pour la jeune entreprise Nespresso qui peine à trouver son marché.
A l’aube des années 2000, Nespresso se modernise et mise sur un nouveau dispositif : l’entreprise lance des machines plus design et inaugure un système complètement fermé. Elle conçoit les machines, produit les capsules et vend l’ensemble. Elle opte pour un positionnement haut-de-gamme et renverse le marché du café. Les boutiques s’écartent du modèle de la brûlerie traditionnelle pour se rapprocher d’un magasin de luxe, les campagnes publicitaires se font à grand renfort de stars du cinéma, les machines deviennent des objets design, compacts et silencieux. Nespresso dépasse un simple mode de préparation du café, pratique et rapide, et devient un produit prestigieux.
L’ouverture progressive
Parallèlement, la concurrence s’adapte et lance des machines alternatives. C’est le cas de Senseo et ses dosettes plates en papier, puis de Tassimo et Dolce Gusto, qui associent le café à des possibilités d’autres boissons (latte, chocolat et même thé). Moins chères que leurs concurrentes, ces machines misent sur un positionnement grand public et sont vendues dans les supermarchés. Aux Etats-Unis, c’est la marque Keurig qui se lance sur ce secteur à la fin des années 1990 avec des dosettes en plastique (les “K-Cup”).
Alors que l’un des forces de Nespresso reposait sur son système fermé, d’autres marques ont commencé à partir de 2010 à développer leurs propres capsules en aluminium. Marques distributeurs, torréfacteurs indépendants, et même capsules à remplir et préparer soi-même cohabitent désormais et diversifient un marché jusqu’ici monopolisé par Nespresso.
Des questions de saveurs, d’écologie et de santé publique
Progressivement, le café en capsule a soulevé des questions quant à sa composition. S’il est capable de délivrer un espresso dominé d’une jolie crema en quelques secondes, il est aussi néfaste pour l’environnement. C’est le constat dressé par John Sylvan, le créateur de la version américaine Keurig, les K-Cup en plastique, qui a révélé ne pas les utiliser, les trouver trop chères et regretter les conséquences de son invention sur l’environnement. Il est vrai qu’un café filtre ou préparé avec une machine espresso broyeur permet de récupérer directement le marc de café pour le recycler, contrairement à ces capsules. D’autres se montrent plus soucieux de l’impact sur la santé du consommateur, considérant que l’aluminium et le plastique des capsules pourraient représenter un risque pour la santé malgré les précautions prises par les industriels.
Enfin, c’est un café cher (en moyenne deux à trois fois plus que du café moulu ou du café en grains) pour un résultat gustatif qui sacrifie certains arômes au profit d’une grande praticité. Ces dernières années, l’essor des machines à café automatiques a ébranlé la toute puissance des capsules au profit d’une meilleure tasse. Loin d’un café déjà moulu, encapsulé dans du plastique, du papier ou de l’aluminium, les nouvelles pratiques des consommateurs sont plus éclairées et cherchent à se rapprocher le plus possible d’un café de qualité. Petit à petit, les capsules sont délaissées au profit du café en grain.
En résumé :
Le système des dosettes repose sur un objectif simple : préparer un café rapidement et simplement à partir d’un café moulu prédosé.
Longtemps leader sur ce marché, Nespresso n’a pas inventé la machine à dosettes de café, mais a réussi sa massification et sa domestication à l’aide de ses dosettes en aluminium et de ses campagnes marketing prestigieuses.
En l’espace de deux décennies, les machines à capsules ont conquis environ la moitié des foyers français, devenant l’un des standards de consommation domestique du café. Cette tendance est toutefois à nuancer avec la croissance du café en grains et des machines automatiques qui prennent de l’ampleur.




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