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Quand le café inspire les plus grands artistes

  • Photo du rédacteur: Fort de Café
    Fort de Café
  • 16 févr.
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 20 avr.



Si près de 2 milliards de tasses de café sont bues chaque jour autour du monde, certains participent bien plus à l’effort de consommation. Chez les artistes, plusieurs figures emblématiques ont fait du café le pilier de leur pratique au point parfois, de causer leur perte.


Honoré de Balzac, le café comme clé de voûte de l’écriture

Honoré de Balzac est aujourd’hui reconnu comme l’un des écrivains français les plus prolifiques de l’histoire. Cette production astronomique n’est pas liée au hasard : pour assumer la charge colossale de travail de ses nombreuses activités, Balzac consommait mécaniquement de très grandes quantités de café. Bien que certains lui prêtent jusqu’à 50 tasses quotidiennes, il est plus sûr de s’arrêter sur 15 tasses avalées au rythme de la plume (comme l’avance Philippe Charlier dans son livre Autopsie des mots célèbres, Editions Tallandier, 2019).


Si cette forte consommation en café a pu sembler nécessaire à l’artiste pour maintenir son rythme de travail, elle a également participé au déclin de sa santé (notamment son hypertrophie cardiaque et sa mort à seulement 51 ans). L’auteur, malgré tout, la voyait comme essentielle à ses élans créatifs.


  • Dans son Traité des excitants modernes (1839), Honoré de Balzac détaille la magie du café sur son organisme : “Le café tombe dans votre estomac (...) dès lors tout s’agite : les idées s’ébranlent comme les bataillons de la Grande Armée sur le terrain d’une bataille, et la bataille a lieu. Les souvenirs arrivent au pas de charge, les enseignes déployées ; la cavalerie légère des comparaisons se déploie dans un magnifique galop ; l’artillerie de la logique accourt avec son train et ses gargousses ; les traits d’esprit arrivent en tirailleurs ; les figures se dressent ; le papier se couvre d’encre, car la veille commence et finit par des torrents d’eau noire, comme la bataille par sa poudre noire.”



Ludwig van Beethoven, un rituel de café bien calculé

Le compositeur de la Cinquième Symphonie était un grand consommateur de café. Son rituel ne consistait pas seulement à boire sa tasse à un horaire fixe, mais à le boire selon un protocole bien spécifique. Son biographe, Anton Felix Schindler, raconte que “le café semblait être indispensable à son régime, et (qu’)il était aussi exigeant qu’un Oriental dans sa préparation”. 


On raconte que Beethoven mettait un point d’honneur à compter chaque grain de café qui serait moulu dans sa tasse. Celle-ci devait en contenir 60, pas un de plus, pas un de moins. Mais il n’était pas si éloigné de la réalité, puisqu’on considère aujourd’hui qu’il faut quelques 70 grains de café torréfiés, soit environ 8 grammes, pour préparer une tasse réussie… 



Voltaire, la philosophie caféinée


Le café avait chez Voltaire deux sens particuliers. Celui du breuvage, d’abord, qu’il consommait avec avidité ; mais aussi celui du lieu, de rencontres et d’échanges. Voltaire était un habitué du Procope, le fameux café parisien fondé en 1686 qui est rapidement devenu le rendez-vous des intellectuels, philosophes et écrivains. Le café comme espace de discussion devenait ainsi un catalyseur de pensée : lieu de débat intellectuel, de diffusion des idées et de contestation politique. 


Voltaire était aussi un consommateur averti de café. Certains rapportent qu’il buvait entre 40 et 50 tasses par jour, souvent mélangé avec du chocolat. Son médecin était allé jusqu’à le mettre en garde, considérant que cet excès allait le tuer, ce à quoi Voltaire aurait répondu « s’il en est ainsi, voici plus de 80 ans que j’essaie de m’empoisonner !”.



Jean-Paul Sartre : existentialisme sur fond de café

S’il est un autre consommateur frénétique de café, c’est Jean-Paul Sartre. Tout comme Voltaire, le café prenait un sens double pour l’auteur du XXe siècle, à la fois lieu de vie et boisson avalée en quantité. Sartre et sa compagne Simone de Beauvoir avaient leur table attitrée au Café de Flore, autre café mythique de Paris dans le quartier huppé de Saint-Germain-des-Prés, où ils passaient leurs journées à écrire, discuter, travailler. Pour tenir ses marathons d’écriture, Sartre buvait du café noir en quantité impressionnante, souvent accompagné de cigarettes et parfois d’amphétamines.



David Lynch : le café comme essence

Il est peu de personnalités dont le rapport au café a forgé une partie entière de leur identité. David Lynch, le réalisateur (entre autres chef d'œuvres) de l’emblématique série Twin Peaks, était de ceux-là. Le café est devenu chez lui d’une importance vitale. Il retrouvait dans le café un art de vivre à part entière et une nécessité absolue, qu’il associait bien souvent au tabac (qu’il consommait aussi en énorme quantité). Celui qui pouvait boire jusqu’à 20 tasses par jour est même allé jusqu’à s’équiper de plusieurs machines professionnelles, puis à créer sa propre marque de grains ! Le café était autant un carburant qu’un moteur créatif qui a irrigué son art à de maintes reprises.


  • Le personnage de l’inspecteur Dale Cooper, dans la série Twin Peaks, ne commençait jamais sa journée sans un mug de café chaud qu’il accompagnait souvent d’une phrase devenue emblématique : “It’s a damn fine cup of coffee” (c’est une sacré bonne tasse de café).


  • Peu de temps après sa disparition, en 2025, la famille de David Lynch a organisé une vente aux enchères regroupant beaucoup de ses biens personnels. Parmi eux se trouvaient une quantité considérable d’objets rattachés au café (machines, moulin, tasses en tout genre…). Preuve qu’aux yeux du grand public David Lynch était un amoureux de café autant que de cinéma, la machine la plus chère s’est vendue à plus de 40 000 dollars (il s’agissait d’une machine à espresso La Marzocco) et un lot de tasses a été adjugé à plus de 5 000 dollars.

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